Cette soirée de projection et table-ronde est organisée à l’occasion de la sortie de résidence de Philippe Woloszyn, consacrée au fonds Abraham Moles de la Bnu.
Grâce au mécénat de la veuve d’Abraham Moles, Élisabeth Rohmer, une résidence consacrée à la valorisation du fonds Moles de la BNU a été mise en place et s’est tenue de février à août 2026. Son lauréat, Philippe Woloszyn (chargé de recherche CNRS à l’UMR PASSAGES, Université de Bordeaux-Bordeaux Montaigne), spécialiste du paysage sonore et des liens entre architecture, urbanisme et ambiances, s’est intéressé à la partie musicale et acoustique du fonds. Le film présenté constitue l’un des résultats de sa sortie de résidence. Il sera suivi d’une table ronde réunissant, autour de P. Woloszyn, spécialistes, amis et anciens étudiants de Moles, lesquels s’attacheront à montrer toute l’actualité d’une pensée mosaïque, qui a embrassé de manière profondément originale un grand nombre de disciplines des sciences humaines et sociales, en fondant ce qui s’est appelé, un temps, « l’école de Strasbourg », laquelle rayonne toujours dans le monde entier.
Programme de la soirée
18h30 : Projection du film Conversations avec une bibliothèque : l’héritage de la pensée libre d’Abraham Moles (Philippe Woloszyn, Alexandra Ena)
18h45 : Table ronde avec la participation de Georges Bloch, Francis Ehrmann, Geoffrey Girost, Paul-Antoine Hervieux, Denis Muzet
« La grande quincaillerie d’un penseur libre », c’est la première version du titre du film que nous avons finalement choisi d’intituler Conversations avec une bibliothèque. Car impossible de faire le tour de toute la quincaillerie conceptuelle qu’A. Moles a développée envers et contre tous. Trop extensive, multiforme, mosaïque, interdisciplinaire… La richesse thématique et ontologique que nous a laissée ce chercheur d’exception n’a d’égale que la liberté qu’il s’octroyait pour traiter les objets et valeurs qui habitent notre quotidien. De fait, il a bien fallu se rendre à l’évidence, il faudrait des années pour faire le tour de ses rayonnages notionnels, tant son travail est et reste à la fois original et universel dans les sentiers de la connaissance… et dans les chemins de traverse qu’il nous reste à arpenter … En attendant, notre résidence s’est concentrée sur les débuts de son parcours. Entre l’acoustique, la musique et les paysages sonores, l’étude du son était la meilleure manière de se mettre à l’écoute de son travail, comme il a été à l’écoute du monde qui nous entoure. Ainsi nous tentons – chacun à notre manière – de le suivre en essayant à chaque pas de rester dignes de cette liberté de recherche qu’il s’est, et qu’il nous a octroyée à tous, pour continuer à prendre connaissance de ce monde toujours plus complexe. Un grand merci à lui pour cette voie d’émancipation scientifique qu’il a ouverte, en espérant que nombre de curieux s’y engouffreront, encore et toujours, et surtout pour longtemps ».
Philippe Woloszyn
Crédits photo : Bnu – Alexandra Montana-Lampo